L’évolution et le futur du piratage sur internet

Le piratage sur internet a pris un essor considérable depuis les années 1990. L’arrivée du haut débit, la dématérialisation des contenus et un accès généralisé à internet ont permis de propulser le piratage à des niveaux records. Le premier « pirate » dans l’histoire est Mozart. C’est à dire reproduire une oeuvre sans l’autorisation de ses propriétaires. À l’âge de 14 ans, Mozart visitait la chapelle Sixtine où on avait une représentation de Miserere, une oeuvre musicale de Gregorio Allegri. De retour à son hôtel, Mozart reproduisit fidèlement cette oeuvre, de tête, sur un papier. Et le jour suivant, il prouva qu’elle était identique à l’original.

Les débuts du piratage sur internet

Le piratage sur internet a commencé en 1999 avec l’arrivée de Napster. La musique a toujours été la pionnière du piratage comme on l’a vu avec Mozart et pendant le 20e siècle, on avait principalement la reproduction sans autorisation des partitions de musique sur papier.

Napster permettait de télécharger de la musique dans une variante du pair à pair, mais on avait un serveur centralisé. Autant dire qu’il n’a pas tenu longtemps, car il a fermé ses portes en 2001. Par la suite, c’est Limewire qui prendra le relais et il comprend le problème de la centralisation. Il va utiliser le protocole BitTorrent et du réseau Gnutella. BitTorrent a été décisif, car il a permis de créer des logiciels de torrent comme uTorrent, Transmission, etc.

Films et séries à gogo

À partir de 2005 jusqu’à 2015, le règne du torrent sera sans partage. Les sites de torrent vont à la fois brasser des millions de dollars en revenus, mais ils vont s’imposer comme la principale alternative aux offres légales. Toutefois, il faut tempérer le mythe des pirates millionnaires.

C’est le cas que de quelques-uns, mais la majorité des sites de piratage peinent à payer les couts de leurs serveurs. Ce mythe est entretenu soigneusement par les ayants-droits, pour diaboliser davantage le piratage. À partir de 2012, ces ayants-droits vont mettre la nitro et la fermeture de plusieurs gros sites de torrent semble annoncer la fin d’un âge d’or.

On a aussi l’arrivée de Netflix, qui bouleversera l’offre légale. Désormais, à partir de 10 dollars, on peut regarder tous les films et les séries qu’on veut. Mais avec la mentalité fermée des ayants-droits, ce modèle, qui semblait le meilleur, commence à se fissurer de tous les côtés.

L’évolution actuelle du piratage

Aujourd’hui, on a 4 principaux moyens de pirater sur internet. On a le téléchargement direct, le torrent, le streaming et Usenet. Chacun a ses forces et ses faiblesses.

Le téléchargement direct

Le téléchargement direct est le plus facile et le plus risqué. Vous avez des sites comme Zone Telechargement qui propose des liens directement vers les fichiers qui vous intéressent. Ces fichiers sont hébergés sur des services comme Mega ou FilesAnywhere. Ces fichiers sont fractionnés en de multiples archives RAR.

Le risque est que si le site ferme, alors tout disparait d’un coup. La fermeture de Zone Telechargement a montré les limites d’un tel modèle. Il est surtout utilisé pour les applications et les jeux. Il est toujours utilisé aujourd’hui, mais il enregistre une baisse de vitesse.

Le torrent

Le torrent propose plusieurs avantages et des risques minimaux. Vous avez un site qui est des trackers de torrent. Ainsi, imaginons que vous avez un film de Louis de Funès que vous voulez distribuer sur le torrent. Vous avez le fichier sur votre disque et vous configurez un répertoire public dans votre logiciel Torrent où vous mettez ce fichier. Ensuite, toujours dans votre logiciel de torrent, vous aurez un outil spécial pour créer un fichier torrent.

La majorité des logiciels de torrent l’intègrent en natif. Une fois que vous avez ce fichier de torrent, vous pouvez le distribuer comme vous voulez. Quelqu’un veut votre film de torrent. Donc, il va télécharger le fichier de torrent, l’ouvrir avec son logiciel de torrent et ce dernier va se connecter à votre disque dur pour télécharger le film en question.

Fichier torrent et lien magnet

Il y a un petit problème avec cette méthode est si quelqu’un supprime le fichier torrent que vous avez créé, alors il n’y a aucun moyen de télécharger le film. Donc, le BitTorrent a évolué pour avoir le lien Magnet. C’est le même principe, sauf que ce lien est entièrement décentralisé. Une fois qu’un utilisateur possède ce lien, il pourra toujours se connecter à votre machine pour télécharger le film.

Et comme avec le fichier torrent, la majorité des logiciels torrent peuvent créer un lien Magnet. Par exemple sur uTorrent, vous faites un clic droit sur notre film de De Funès et choisir Magnet Link. Malgré la force du torrent, il baisse au profit du streaming.

Le streaming

C’est sans doute la tendance la plus forte du piratage sur internet. Le torrent est excellent, mais son utilisation est réservée à une niche d’utilisateurs. Il faut avoir un logiciel de Torrent, utiliser constamment un VPN pour éviter de se faire chopper par Hadopi ou autre, connaitre les bons sites de torrent, etc.

Cela demande de la technique et la nouvelle génération d’internautes, celle de l’an 2000, s’en fiche complètement. Le streaming est la chose la plus simple puisque vous avez besoin d’un navigateur et d’une bonne connexion. Vous accédez à un site de streaming, cliquez sur le film ou la série que vous voulez et elle se lance dans un lecteur intégré, à la manière d’une vidéo Youtube.

Notons que le streaming est alimenté par le torrent, mais aussi par des services de replay et le streaming légal. Cela pose un souci, car si les sites de torrent baissent en popularité, alors il y aura moins de sources pour alimenter le streaming. C’est un cercle vicieux. Toutefois, le streaming a permis d’augmenter le piratage sur internet du sport à des niveaux effarants.

Sport et le piratage qui devient grand public

En effet, le torrent ou le téléchargement direct concernait principalement les jeux, les applications, les films, les séries, les livres et la musique. Le sport était négligé. Mais c’est aussi un secteur avec des millions de visiteurs potentiels. Le streaming des championnats de foot, de F1 ou des Coupes du monde brasse énormément de monde. Par ailleurs, ces sites de streaming utilisent souvent les paris sportifs pour générer des revenus, qui ne sont pas négligeables.

Le streaming apporte une mutation unique dans la mesure où le grand public peut le faire en masse. C’est à dire des gens, qu’on peut difficilement diaboliser comme de méchants pirates. Si le streaming continue à la même vitesse, alors on aura une forme d’acceptation générale et le piratage ne sera qu’une forme de consommer du contenu comme une autre.

Usenet

Usenet est le vieil ancêtre qui revient en pleine forme, des décennies plus tard. Usenet existait bien avant internet. Le principe est totalement différent de ce qu’on connait des autres moyens de piratage sur internet. Sur Usenet, vous avez le concept de Newsgroups qui peuvent proposer du texte ou du binaire. Et ce dernier permet de publier des jeux, des livres, des films et tout ce que vous voulez. Dès sa création, Usenet était entièrement décentralisé et les connexions sont chiffrées. Ce qui fait que chaque fichier est fractionné et ensuite, éparpillé sur les nombreux serveurs qui composent le réseau.

La grande particularité d’Usenet est qu’il faut payer à l’entrée. En effet, ces serveurs sont gérés par des entreprises qu’on appelle des fournisseurs Usenet. En échange d’un abonnement mensuel ou annuel, ils vous donnent accès à leurs serveurs en vous garantissant la rétention et une vitesse de téléchargement considérable. La rétention est une promesse du fournisseur Usenet à garder le fichier sur ses serveurs pendant une certaine période, allant de 3 à 9 ans.

On est très loin de l’instabilité qu’on trouve sur les sites de torrent qui peuvent fermer sans crier gare. Ensuite, on a la vitesse qui est maximale. Pas besoin d’attendre qu’un fichier ait des Seeders suffisants. Chaque fichier est téléchargé à la vitesse de l’éclair via un logiciel spécial qu’on appelle un Newsreader. On a de nombreux logiciels Usenet qui sont gratuits comme NZBGet ou Grabit. Usenet gagne en popularité, car il est insensible aux attaques des ayants-droits. Il y a beaucoup de fournisseurs Usenet et c’est quasi impossible de tous les fermer.

Le futur du piratage sur internet

Le futur est imprévisible par nature, mais on peut toujours jouer aux prédictions. Je pense que le streaming et le torrent vont rester pendant encore un bon bout de temps. Car ce sont les seuls qui tiennent la route et qui sont suffisamment connus du grand public. Dans le même temps, la justice va mettre le paquet et on le voit depuis 5 ou 6 ans. Les lois deviennent de plus en plus liberticides et les GAFAMS censurent à bout de bras le moindre site de piratage sur internet.

Beaucoup de partisans du droit d’auteur et des ayants-droits pensaient que Netflix allait tuer le piratage. C’est le contraire qui se passe. Car c’était vrai quand Netflix était le seul shérif dans la ville. Aujourd’hui, vous avez Disney+, DC Comics Univers, Amazon et chaque grand studio lance son service de streaming. Les 10 dollars de Netflix sont multipliés par 5 ou 6 services et à 50 ou 60 dollars par mois, les internautes retournent au piratage, car ils comprennent qu’on les prend pour les dindons de la farce.

Il est clair que la décentralisation du contenu sera la clé du piratage sur internet. Plus les services sont décentralisés et plus ils seront difficiles à censurer. Les lois finiront par être inefficaces. Et le meilleur exemple est Hadopi en France où en quasiment 10 ans, elle n’a rien fait pour lutter efficacement contre le piratage. Sans une destruction complète des mentalités actuelles des ayants-droits, le piratage continuera sous une forme ou une autre. Et si on vous dit que pirater, c’est mal, alors répondez que même Mozart n’a pas hésité à le faire !

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